e:ma / simulation

Un premier ebauche d’un nouveau projet est fomulé: voici les premiers traits:

Le projet e-MA est né d’une réflexion commune entre la chorégraphe Maria Donata D’Urso et l’artiste numérique Wolf Ka sur l’idéogramme japonais MA:

MA:”distance existant naturellement entre deux ou plusieurs objets placés l’un à la suite de l’autre; l’Intervalle, espace ou vide entre deux éléments, ou encore actions successives. Percevoir quelque chose d’invisible est l’essence même de l’art Japonais. Il influence aussi les divers aspects de la vie et de la culture du Japon. En peinture, l’attention a été posée sur les bords plus que sur la forme, en musique sur le silence plus que sur les notes et en danse sur les immobilités plus que sur le mouvement. Tout cela est exprimé par un seul terme: ma 間. » [Arata ISOZAKI]

Cette notion d’espace-temps propre à tous les arts traditionnels nippons a été le point de départ d’un projet de recherche lauréat à la villa Kujoyama à Kyoto, qui se déroulera d’août à décembre 2012. L’intervalle ou le ‘vide entre les éléments’ attire particulièrement notre attention. Cette vision est à l’opposé de la compréhension occidentale de l’espace-temps qui porte principalement le regard sur l’objet et l’évènement.

Nous souhaitons confronter cette conscience spatio-temporelle à des approches plus récentes. Une théorie auquel nous sommes sensibles est la cybernétique où l’attention ne se porte plus sur le composant ou l’individu mais sur l’interaction et la régulation des agents d’un réseau. Un autre concept qui nous intéresse explorer est l’émergence. C’est une théorie des systèmes complexes selon laquelle le comportement de l’ensemble est plus complexe que la somme des comportements de ses agents. Cette théorie est appliqué dans diverses champs scientifiques, comme la biologie, la sociologie, la physique mais aussi dans l’art générative. Les phénomènes du www ou encore plus récemment les évènements du printemps arabes avec l’usage des réseaux sociaux donnent des exemples concrets des comportements émergents.

Peut-on rapprocher une notion issue des arts traditionnels japonais à celles qui ont marqués profondément la modernité? Ce qui nous intéresse est de réfléchir sur un dispositif qui à partir d’une définition des comportements simples, entre des agents aussi humains que plastiques, interroge la complexité résultante de ces relations et interactions. Etudier ces comportements, la cybernétique et l’émergence, en relation à l’écriture du corps dansant comme un paysage dans l’espace scénique est l’enjeu de cette recherche.

La scenographie est un dispositif basé sur un jeu de construction à partir des volumes interactifs lumineux. Chaque élément est construit à partir de 3 cubes de 40x40cm assemblés en forme de “L”. Le jeu est composé des 8 volumes. Ils sont équipés à l’intérieur d’une lumière interactive et des composants électroniques permettant de mesurer la distance des autres volumes. Chaque objet a sa propre fréquence de pulsation lumineuse dépendant de la mesure de cette distance. Une simulation pour un scenographie a été programmé. Voici le lien pour l’applet de la simulation.

Lauréat 2012 Villa Kujoyama, Kyoto, Japon

Ideogram Men of Ma

Wolf Ka et Maria Donata D’Urso sont lauréats à la Villa Kujoyama à Kyoto du 25 août au 22 décembre 2012. Le projet de recherche pour la résidence à la Villa Kujoyama, s’inspire de l’idéogramme Kan-ja : l’homme du MA. Le MA, la conscience de l’espace-temps au Japon….

Concours international “Bains numériques”

La création Strata 2 a gagné le concours international du festival Bains numériques dans la catégorie écriture chorégraphique avec la vidéo génératif de Wolf Ka.

Concours Internationaux de Bourges

“Moving by numbers” a été sélectionné dans la section Arts Electroniques “Tendance performance” au 36e Concours Internationaux de Bourges Musiques Electroacoustiques et Arts Electroniques 2009!

MbN au Palazzo Pio

Moving by numbers est a nouveau en Italie, dans un endroit encore plus belle que la dernière fois à Polverigi. Cette fois-ci nous sommes à Carpi, un demi heure de Modena au festival VIE, l’un de plus important festival de danse et théâtre contemporain italien. La structure est monté dans la cours d’Honneur du Palazzo Pio. L’architecture de la renaissance se marie bien avec le monolithe noire de MbN. Un spectateur faisait référence à l’Odysee 2001…

MbN dans la cours du Palazzo Pio à Carpi
MbN dans la cours du Palazzo Pio à Carpi

Dans le blog de Network performance, Jo Anne Greene a parlé de cette date à Carpi. Il y a pas mal d’article intéressant sur ce blog, il vaut un détour.

Le journaliste Renzo Francabandera a écrit sur MbN (en italien) et réalisé un  vidéo interview (en anglais) sur place qui est consultable ici.

Et encore un vidéo ou on voit enfin l’architecture pendant la journée et le soir. La façade est fermé, on ne voit la projection et évidemment la danseuse uniquement de l’intérieur. C’est seulement le soir ou la projection interactive et la silhouette de la danseuse devient visible de l’extérieur et l’architecture se transforme en une sculpture lumineuse.

Le public a Carpi a reçu la création très chaleuresement, c’est au moins ce qui temoinent les commentaires…

Scopitone: La première

MbN dans la 'friche numérique', un ancien site de construction navale

MbN dans la friche numérique un ancien site de construction navale.Photo: Jean Noël

Avant l’ouverture de festival Scopitone, j’ai passé quelques jours avant à la friche numérique, un ancien hall de construction navale, pour travailler sur la structure. Il y avait quelques finissions à faire. Avec l’aide de Sep et Wilfried, le régisseur technique de la friche, la structure a pris une couche de peinture et les quelques petits modifications ont été fait avec l’aide de Minou, le soudeur du festival. Un grand merci à tous le trois! Depuis, on ne voit plus à l’intérieur les tubes rouillés, petits souvenir aux jours de pluie au Cube Festival, mais une structure discrète en noir.

Spectateur dans la structure peinte

Spectateur dans la structure peinte avec le capteur de respiration et l

Le festival est très bien passé, il y a eu quelques articles, l’un par Renaud Certin pour Fragil et une citation à la Liberation / Marie Lechner et deux emissions à la télé, TF3 et un très bonne documentaire réalisé par de TéleNantes, visible sur le billet ‘Residence Olympic’. Voici celui de France3:


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Residence Olympic

A la fin du mois d’aout j’ai été invité en résidence à Nantes avec Douglas Edric Stanley, Julien Clauss et Olja Lumelsky. C’est  l’Olympic qui nous a accueillit pour terminer la création pour présenter la version finale de Moving by Numbers au festival Scopitone qu’ils organisent en septembre. Il restait 2 éléments du dispositif à intégrer: le capteur de respiration et de rendre le son interactif.

Le capteur servira d’intégrer le spectateur dans l’œuvre sans qu’il soit dans un rapport de ‘manipulation’ avec la danseuse, ni dans un rapport  ‘d’interactivité malgré lui’ mais quelque chose entre ces deux extrêmes. J.P.Balpe l’a dit très juste: “…l’interactivité est une présence dans l’œuvre”. Mais de quelle nature est cette présence, surtout qu’il y a déjà la présence de la danseuse qui interagit avec l’image?  J’ai cherché alors un moyen pour que le spectateur soit par défaut physiquement présente dans l’œuvre d’une manière discrète mais perceptible et d’autre part lui laisser la faculté de renforcer sa présence par une action physique – la respiration. En fin de compte, le s’agit d’un comportement et d’un mouvement de la part du spectateur. La respiration est justement un comportement à mi-chemin entre la volonté et un réflexe.

Douglas avec capteur de respiration et Julien avec des chaussons orange

Douglas avec capteur de respiration et Julien avec des chaussons orange

Le capteur de respiration, le motion tracking et l’interface d’audio tactile permet de faire circuler des données physique dans un circuit fermé. D’une certaine manière, il s’agissait de revenir sur les idées fondamentales de l’informatique, la cybernétique ou l’autorégulation des flux. La définition suivant décrit bien l’aspect qui m’intéresse:

“Elle [la cybernétique] peut ainsi être définie comme la science des systèmes autorégulés, qui ne s’intéresse pas aux composantes, mais à leurs interactions, où seul est pris en compte leur comportement global1.Je vais revenir dans un autre billet sur ce sujet car il s’agit d’une question centrale de la création.

de respiration La respiration avec un algorithme de normalisation de l’amplitude (ligne vert qui indique le min et max relative)

Quand j’ai cherché le capteur de respiration, j’ai eu la chance de pouvoir m’ appuyer sur les conseils de Emmanuel Flety de l’IRCAM qui a déjà travaillé sur un autre projet avec un capteur de la marque Biopac qui en plus est commercialisé par un petit labo parisienne.  Nous avons interfacé le capteur avec l’Arduino. L’acquisition des données a fonctionné sans aucune complication. Ce capteur est en effet  une ceinture qu’on met au niveau de la poitrine et qui mesure le changement de volume thoracique lorsqu’on expire et inspire.

Étant donnée que chaque spectateur à une respiration différente, il fallait normaliser les données pour éviter que certaines spectateurs ont une influence minime et d’autres trop important sur l’image. Pour cela, nous avons pris les valeurs moyens minimales et maximales pendant une certaine temps ce qui devient les valeurs de références subjectives de chaque spectateur(0-100%). Pendant que le spectateur s’installe, le système de captation s’adapte à sa respiration et son l’amplitude se normalise après un petit moments. Pendant la performance l’algorithme de normalisation continue a réguler l’impact de la respiration. Mais par ce fait, il manipule le comportement du spectateur. L’algorithme ou bien l’ordinateur n’est pas seulement ‘un outil’ qui exécute des tâches, mais il a aussi un sort de comportement.

La deuxième axe de recherche a été la visualisation de la respiration. Avant, l’interface a visualisé le mouvement de la danseuse à travers des particules en forme des points blancs qui ont des comportements programmés. Chaque point blanc à son propre comportement et l’ensemble des points créent un image qui traduit le mouvement de la danseuse en une  “espace dynamique en deux dimensions”.

Avec le capteur, il s’agissait de trouver une manière de visualiser l’action de la danseuse et du spectateur dans le même image sans que ce soient deux phénomènes qui coexistent mais plutôt une phénomène qui s’actualise à travers deux paramètres. C’est comme un corps avec ses différents organes qui à travers leurs fonctionnement ont une impact sur l’ensemble des autres organes. La danseuse compose avec l’image, c’est à dire que l’image lui donne un retour au même temps qu’elle fait partie intégrale de cette image. Si le spectateur à son tour modifie l’image, la danseuse reçoit un autre image de sa représentation. Cette représentation modifiée invite la danseuse de composer avec. La manière comment la danseuse réagit sur la respiration  permet au spectateur de comprendre le code entre sa respiration et le mouvement. Ainsi au fur et à mesure un jeu, un échange peut s’installer, tout dépend de la disponibilité du spectateur et de la danseuse.

Dans une séquence, par exemple, les particules sont attiré par des attracteurs qui se trouve sur le corps de la danseuse. Quand la danseuse bougent, les particules la suivent plus au moins vite selon leurs distances. Mais au même temps la respiration modifie la valeur de l’accélération des particules. Quand le spectateur inspire, les particules se deplacent très rapide et des nuages denses se créent autour des attracteurs. Quand la danseuse bouge aussi très rapide, il y a un trainé de nuages de particules. Si par contre le spectateur expire, les particules ralentissent et ne suivent plus les mouvements rapides de la danseuse…  Ainsi un code s’installe basé sur les modalités du dispositif mise en place et conduite par un jugement esthétique partagé entre spectateur et danseur. Pour simplifier, on pourrait  traduire ceci en: inspiration = mouvement rapide, expiration= mouvement lente.

Mais dans ce jeu, il n’est pas établie qui initie et qui suit une impulsion.  Il y a une certaine similarité entre le contact -improvisation, qui expliquera mieux l’enjeu du rapport entre spectateur et danseur. Le contact-improviation est une technique de danse qui n’est pas basé sur la production d’une forme, comme à la danse classique, mais d’une ressentie. C’est un jeu avec l’équilibre et la force de gravité entre deux ou plusieurs corps qui fait émerger la chorégraphie.

Ce qui est intéressant, c’est l’aspect procédurale et ludique. A partir d’un code établie entre les participants, la suite des évènements se négocie à l’instant même. Le résultat n’est probablement  pas plus intéressant  qu’une chorégraphie écrite, probablement au contraire, mais ce qui est important c’est le déplacement de la mode de la représentation vers la mode de l’interactivité. Ce deux mode sont fondamentalement différents. L’une vise le résultat, l’autre entretien une relation.

Ce mode de l’interactivité nécessite également l’adaptation de la chorégraphie car l’image ne réagit pas seulement au mouvement de la danseuse, mais aussi à la respiration. La chorégraphie avant était plus au moins écrits même si la danseuse ‘interagissait’ avec l’image. Le billet particules, comportement et mouvement décrit plus en détails l’interface et le rapport avec la danse. Avec l’intégration de la respiration, il fallait plutôt trouvé des formes relationnelles. Au fur et à mesure pendant les répétitions, nous avons trouvé les codes décrit ci-dessus (inspiration = mouvement rapide, expiration= mouvement lente). Ce très simple code permet au spectateur de découvrir la relation entre son comportement et celui de la danseuse toute en la laissant la liberté  ‘de danser’.  Finalement, le dispositif est la mise en relation des trois comportements: le comportement programmé des particules, le comportement de respiration du spectateur et le comportement dansant de la danseuse. Il ne s’agit pas d’un spectacle chorégraphique mais plutôt d’une mise en circulation programmé des flux provoqué par des mouvements.

Pendant la résidence, les journaliste Mathieu Verger et Bruno Roy de TeleNantes sont passés, pour filmer et nous interviewer pendant les répétions. Le reportage explique très bien le fonctionnement et les idées du dispositif. Voici l’extrait de l’émission:

Tournée en Italie

Festival Inteatro à Polverigi

Après deux jours de voyage en camion, nous sommes arrivée dans un magnifique site à Polverigi pour jouer au festival Inteatro Vaal. Nous nous sommes installé dans un parc entouré des gigantesque arbres centainaires et au fond un clocher d’un église mediavales.

Pendant le montage, la structure s’est transformé en sauna, ce qui faisait particulièrement plaisir car la nouvelle carte de son ne voulait pas fonctionner correctement – de chipoter les ordinateurs dans un ‘pièce’ de 2m2 à 60°C – ça fait toute de suit l’ambiance de vacances en Italie…

Les réactions des italiens ont été plus mitigé, mais dans l’ensemble très positif.

MbN en plein air

mbn_cube.jpg MbN est parti à nouveau en tournée. Le Cube festival acceuil la création dans la ville d’Issy-les-Moulineaux. C’est la première fois que la structure est montée à l’extérieure. Elle a bien résisté à la pluie et au vent, l’un et l’autre bien présents ces jours-ci. Sa présence dans la ville réveille une certaine curiosité. Après le vernissage et ses mondanités du clan numérique passés, maintenant ce sont surtout les habitants de la ville qui découvrent plus ou moins par hasard la performance. Quelques uns ont laissé leurs impressions dans le ‘commentaire‘ Un vidéo qui explique le fonctionnement du dispositif que Marc Ribaudo à réalisé pour le festival à été publié sur

MbN au Carré de Jalles

mbn_carre.jpg

Moving by Numbers est partie en tournée dans sa version beta 0.7. Elle a été installé dans la hall du Carré de Jalles pour le festival “des souris, des hommes 1.0″ Pour garder les traces des spectateurs, le blog est accessible à l’entrée de la performance. Les commentaires sont à consulter ci-dessus dans ‘comments’

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